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FETE NATIONALE
Discours de Jean-David Levitte, Ambassadeur de France aux Etats-Unis d'Amérique, à l’occasion de la réception du 14 juillet 2003
Washington, 14 juillet 2003
Messieurs les Ambassadeurs, Madame l’Ambassadrice, Excellences, mes chers compatriotes, mes chers amis, Marie-Cecile et moi sommes heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Le 14 juillet, Bastille Day, est pour tous les français un moment de célébration. Célébration de notre révolution, célébration de nos valeurs Républicaines, célébration de notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Célébrer le 14 juillet à Washington, c’est aussi rappeler l’exceptionnelle fraternité des armes et des esprits, qui a marqué, pour toujours, nos deux peuples. De la Déclaration Américaine d’Indépendance à notre Déclaration des Droits de l’Homme. Et c’est aussi se rappeler que notre liberté doit beaucoup au sacrifice de milliers et de milliers de soldats, morts pour notre liberté sur les plages de Normandie. Nous ne l’oublierons jamais. Célébrer pour la première fois au milieu de vous ce 14 juillet, après des mois particulièrement difficiles, c’est pour moi l’occasion de revenir sur un moment de grande tension dans notre relation, mais surtout, de regarder vers l’avenir. Oui, nous avons eu un vrai désaccord avec les Etats-Unis à propos de l’Iraq, ou plus précisément, à propos d’une question : fallait-il continuer le désarmement pacifique de l’Iraq à travers les inspections des Nations Unies, ou fallait-il s’arrêter là et utiliser les armes ? Vous connaissez notre position, je n’y reviens pas. La guerre est terminée, et maintenant, main dans la main, nous devons reconstruire l’Iraq. C’est de notre intérêt à tous que de réussir la reconstruction politique, économique et sociale d’un pays dévasté. C’est fondamental pour tous les Iraquiens, c’est fondamental pour tous les peuples du Proche-Orient, c’est fondamental aussi pour la relation entre le monde musulman et l’Occident. La France, avec ses partenaires de l’Union Européenne, est prête à prendre toute sa part dans le fardeau de la reconstruction économique. Et, avec ses partenaires de l’Union Européenne, elle souhaite qu’un rôle décisif soit confié aux Nations Unies, pour bien montrer à tous les Iraquiens que c’est toute la communauté internationale qui est engagée dans cet effort. La guerre est terminée, et la relation entre les Etats-Unis et la France va mieux. Le Président Bush et le Président Chirac se sont rencontrés pour une longue et amicale conversation à Evian en marge du sommet du G8. Ils ont décidé de tourner la page, ils ont décidé de se concentrer sur les sujets qui nous rapprochent. Ils se reverront, fin septembre, à New York, et dès après-demain le conseiller diplomatique de Jacques Chirac sera à Washington, à la Maison Blanche, pour préparer cette prochaine rencontre. Et les sujets qui nous rapprochent sont nombreux. Ils sont décisifs pour l’avenir de nos deux peuples et je vous demande d’en parler à tous vos amis américains. Ce qui nous rapproche, c’est d’abord notre lutte commune contre le terrorisme. Lorsque j’ai présenté mes lettres de créances au Président Bush, il a déclaré qu’il considérait la France comme le meilleur allié de l’Amérique dans ce combat décisif pour l’Amérique, pour la France et pour notre liberté commune. Nous nous battons aussi côte à côte contre la prolifération des armes de destruction massive. Nous sommes côte à côte à travers la coopération de nos armées en Afghanistan, dans les Balkans. Nous sommes côte à côte pour ramener la paix au Proche Orient, en Afrique où nos armées ont évacué en sécurité, il y a quelques semaines, une centaine d’Américains du Liberia. Dites-le, faites-le savoir à vos amis américains. Plus généralement, nous menons un même combat pour promouvoir dans le monde entier nos valeurs communes : la démocratie, la paix, le développement. Et au-delà, cette coopération exceptionnelle s’incarne dans deux piliers, qui depuis toujours incarnent notre amitié. Le dialogue de nos cultures d’abord : notre culture est aimée aux Etats-Unis comme nous aimons la culture américaine en France. Et puis il y a les biens économiques : les entreprises françaises pèsent 650 000 emplois sur le sol américain. Les entreprises américaines, pratiquement autant d’emplois sur le sol français. Voilà bien les deux piliers de l’amitié franco-américaine au-delà de nos valeurs partagées. Cette année, nous avons décidé à Washington d’ajouter un dernier pilier à la célébration de notre amitié : le sport. Vous êtes entourés par tous les symboles du Tour de France ; nous célébrons cette année, ensemble, le centenaire du Tour de France. Plusieurs bicyclettes fameuses ont été hissées sur les murs, plusieurs affiches célèbres accrochées aux murs. Ce qui est devenu un symbole de l’amitié franco-américaine à travers les exploits de Greg Lemond et de Lance Armstrong. A chaque étape maintenant, nos cœurs, des deux côtés de l’Atlantique, vibrent en suivant les exploits de nos héros préférés. Oui mes chers compatriotes, l’amitié entre la France et les Etats-Unis est forte, elle est vivace. Depuis plus de deux siècles elle a survécu à toutes les épreuves, cette amitié faite de passion et parfois aussi de tension, à nous tous de la faire vivre ! Vive la République française ! Vive la France ! Vive l’amitié entre Etats-Unis d’Amérique et la France ! Merci Ambassade de France aux
Etats-Unis - 15 juillet
2003
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