Ambassade de France aux Etats-Unis
Publications La France de A à Z Relations franco-américaines La France aux EU Actualités Aller aux Etats-Unis Espace Jeunesse Contactez-Nous A propos  
Embassy of France in the United States
ACTUALITÉS
A la Une Point de presse du jour Relations France-U.S. Dossiers thématiques La Presse Américaine La Presse Française Médias français en ligne
Actualité en Images

Date d'Aujourd'hui:   print this page email this page

SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 18 au 24 Août 2007

== Iraq ==

La guerre en Iraq reste au centre des commentaires de la presse américaine. Les différentes critiques adressées au Premier Ministre iraquien Al-Maliki par plusieurs responsables politiques républicains et démocrates, et les déclarations du Président Bush comparant la guerre en Iraq avec celle du Vietnam ont alimenté les débats. Par ailleurs, quelques semaines avant la remise du rapport du général Petraeus, les journalistes continuent de s'interroger sur les conséquences d'un retrait des forces militaires américaines.

La presse s'est tout d'abord largement élevée contre les critiques adressées au Premier Ministre iraquien. Dans un éditorial, le Washington Post soutient que « M. Maliki n'est que le bouc émissaire » d'une situation enlisée dans « un clivage politique entre Sunnites et Chiites qui ne cesse de se creuser ». Pour le quotidien, « la déception concernant le Premier Ministre iraquien est compréhensible ». Mais, même s'il n'a pas été capable de réduire les divisions sectaires qui bloquent les tentatives de réconciliation politique dans son pays, « le Premier Ministre ne peut pas être jugé responsable de ces échecs » et « n'est pas plus sectaire que les autres dirigeants politiques iraquiens ». Dans le même journal, tout en reconnaissant que « Maliki n'a pas réellement accompli son travail », le chroniqueur E. J. Dionne Jr. considère que ce sont « les Etats-Unis qui ont institué un processus politique voué à l’échec ». M. Maliki serait aujourd'hui devenu « l'exutoire des erreurs américaines ».

De son côté, le New York Times reconnaît que « le gouvernement Maliki ne s'est pas montré capable de gouverner», mais récuse les accusations portées contre lui : « critiquer le Premier Ministre iraquien, plutôt que le Président américain, relève d'un cynisme politique pur et simple ». Pour le quotidien, « l'incompétence et l’entêtement » de M. Maliki sont « la conséquence directe et logique du système que les Etats-Unis ont instauré en Iraq, en donnant délibérément le pouvoir à une majorité Chiite longtemps persécutée, et en marginalisant la minorité Sunnite habituée au pouvoir ».

D'autre part, la comparaison entre l’Iraq et le Vietnam établie par le Président Bush a également déclenché une vive polémique au sein de la presse américaine. Pour le New York Times, Bush a fait preuve « d'une étrange et dangereuse fantaisie » en faisant cette allusion. « Le décès de nouveaux soldats américains ne permettra pas d’éviter les dommages de la guerre en Iraq », estime le journal. Le quotidien regrette qu' « avant d'injecter de manière incongrue le Vietnam dans le débat sur l'Iraq, M. Bush n'ait pas revu sa leçon sur le Vietnam ». S’il l’avait fait, conclut le journal, « il ne s’acharnerait pas à enfoncer davantage les Etats-Unis dans le bourbier qu'il a créé en Iraq ».

Pour sa part, Jim Hoagland (Washington Post) ironise : « Bush a gaffé » en tentant de comparer la guerre en Iraq avec celle du Vietnam. Pour le chroniqueur, l'analogie mise en avant par le Président sert surtout à rappeler que « l'engagement américain en Indochine s'est révélé être insoutenable à partir du moment où les accusations se sont portées vers les institutions politiques américaines, le Congrès et le Président, transformant le conflit en menace pour la cohésion nationale ». Cette menace prendrait maintenant forme avec le conflit iraquien, conclut le journaliste.

Plus nuancé, Max Boot (Wall Street Journal) estime que la comparaison du Président Bush « n'est pas inexacte, elle est incomplète ». Selon lui, la guerre au Vietnam et ses conséquences doivent amener les dirigeants à être très prudents concernant trois points: « ne pas changer prématurément les dirigeants politiques du pays », « ne pas uniquement se consacrer à la victoire militaire, mais prendre en compte la réussite politique du pays », et enfin « ne pas laisser s'installer des sanctuaires ennemis aux frontières du pays en question ».

Le Los Angeles Times souligne que « l'effort rhétorique de G. Bush a réussi à mobiliser les esprits patriotiques, mais n'a pas convaincu la majorité des Américains ». Pour le quotidien, il semble clair que la guerre civile est inévitable, mais s'interroge-t-il : « qui peut arrêter ça? ».

Le Washington Times reste quant-à-lui prudent. Il soutient que les propos du Président Bush doivent être interprétés comme un rappel de « la puissance et de l'ingéniosité des forces militaires américaines face à des forces totalitaires et insurgées ». Pour le journal, les critiques des Démocrates illustrent la confrontation traditionnelle, déjà présente lors de la guerre du Vietnam, entre « ceux qui croient en la puissance de la persévérance américaine et les éternels défaitistes ».

Enfin, l'évaluation de la stratégie d’augmentation des troupes (surge), continue d'appeler à un retrait des troupes américaines. Harlan Ullman (Washington Times), souligne que « politiquement et psychologiquement, les Américains et leurs représentants élus ne sont pas prêts à assumer ce niveau de dépenses », ajoutant que « les Américains perdent patience, alors même que la plupart de [leurs] amiraux et généraux reconnaissent que sur le plan militaire, la guerre ne peut être gagnée ». Dans le même journal, Clifford May affirme que « coupées de la population locale, [les forces américaines] assuraient leur propre sécurité, mais pas celle des Iraquiens ». Pour le chroniqueur, cela explique que les « Iraquiens se soient [par la suite] tournés vers des milices sectaires ».

Thomas L. Friedman estime, enfin, dans les colonnes du New York Times que tenter d’unifier l’Iraq revient à « faire de la charpenterie dans une maison qui brûle ». Pour le chroniqueur, la sécurité du territoire iraquien serait tributaire de la présence ou non des troupes américaines, et ferait problème depuis le début de la guerre.

== Iran ==

Alors que l'administration Bush a décidé de qualifier de « terroristes » les Gardiens de la révolution iraniens, la presse américaine s'est interrogée, cette semaine, sur la politique à adopter à l'égard de Téhéran. Principale pomme de discorde : la stratégie à suivre pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Certains voient dans la décision de l'administration un risque de dégradation des relations entre Washington et Téhéran, et prônent la poursuite des efforts diplomatiques. Georgie Anne Geyer (Washington Times), regrette ainsi que l'« on place une armée traditionnelle sur cette fameuse liste, lui portant un intérêt nouveau, alors qu'il faudrait au contraire l'ignorer ». Dans les colonnes du même journal, Claude Salhani affirme qu’une intervention militaire ne ferait que rallier la population au gouvernement iranien, alors qu'une grande partie de la jeunesse « ne demande qu'à se tourner vers l'occident ». Le journaliste considère qu'il faut plutôt « lancer une opération de séduction en Iran », en ouvrant par exemple « une ambassade américaine à Téhéran » et « un centre culturel de premier plan ».

D'autres considèrent au contraire qu'il faut durcir le ton à l'égard du régime iranien. Pour le Washington Post, il faudrait même « être plus ferme ». « Les Gardiens de la révolution iraniens sont en guerre contre les Etats-Unis, pourquoi donc ne pas répliquer? », s'interroge ainsi le quotidien. Rappelant que « les sanctions sont les seules alternatives à la guerre », et non un pas de plus vers un conflit armé, le journal prône « une pression économique accrue » à l'encontre de Téhéran. Pour le Washington Times, il faut voir la décision de l’administration Bush « comme un premier pas [...] pour contraindre l’Europe et le Japon à limiter leurs partenariats financiers avec le régime iranien », qu’ils « consolideraient » en maintenant leurs relations commerciales avec Téhéran. Wesley Pruden, du même quotidien, estime qu’il faut dépasser le stade de la diplomatie, dont il pointe les limites : « la diplomatie [...] n’est pas efficace si elle n’est pas secondée par les militaires ». Et le chroniqueur de conclure : « le monde doit faire comprendre à l'Iran qu'il est prêt à prendre les mesures qui s’imposent pour l’empêcher de se doter de l'arme nucléaire ».

== Crise économique ==

La presse américaine continue de s’interroger sur l’intervention de la Réserve Fédérale (Fed) en réponse à la crise du crédit immobilier. Pour le Washington Times, « la Fed a trouvé une réponse créative et ingénieuse » en décidant de rabaisser les taux d’intérêt. Cela lui aurait permis d’affecter « ses ressources […], sans toutefois empirer le problème de l’aléa moral, qui pourrait se produire si les taux directeurs étaient rabaissés ».

Robert D. Novak (Washington Post) remet quant à lui en question la politique de la Fed, expliquant que la baisse des taux n’a fait qu’«atténuer la pression [qui pesait sur] la Fed », le problème de fond n’étant pas résolu. Ceci avant d’ajouter qu’« en ne percevant pas cette menace sur l’économie, l’administration Bush a, une fois de plus, fait le mauvais choix ». Dans le même journal, Robert J. Samuelson explique bien que « les crédits immobiliers à risque […] aient fait l’objet de toutes les attentions », « le vrai problème réside dans la nature imprévisible des pertes qui a entraîné une réévaluation importante du risque ».

Wayne Angell, dans le Wall Street Journal, considère que les taux de la Fed restent trop élevés pour permettre une « résolution des désordres financiers » et que « le modèle keynésien ne peut pas s’appliquer dans un contexte d’accélération de l’inflation ». Le chroniqueur reproche au FOMC (Federal Open Market Committee) d’avoir « trop compté sur une croissance de l’emploi pour corriger les prix de l’immobilier ».


(N° 455/07/EL/PS)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 24 Août 2007