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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE du 14 au 20 juillet 2007 I.
L'Iraq et les débats relatifs au retrait des troupes américaines constituent, une fois de plus, un des thèmes majeurs traités par la presse cette semaine.
« L'Iraq n'est pas un échec militaire, mais un désastre politique », commente Thomas Sowell, dans le Baltimore Sun, qui regrette que les Etats-Unis aient tenté « de créer une démocratie en Iraq, avant même d'assurer la sécurité sur le territoire ».
Le Washington Times décrit « le tournant surréaliste et insensé pris par les discussions au Congrès à propos de la guerre en Iraq ». Obnubilés par les sondages, les partis politiques ne feraient que rivaliser pour trouver le « plan de reddition le plus original ». Pour le quotidien, ce « défaitisme », relayé par les médias contribuerait, à « induire en erreur l'opinion publique américaine » sur l’évolution de la guerre en Iraq. S’attaquant aux Sénateurs et Représentants démocrates, le quotidien conservateur les accuse d’« abandonner l’Iraq », et dénonce un comportement « irresponsable » qui « en dit long sur l’importance que les Démocrates accordent aux troupes américaines et à la catastrophe humanitaire potentielle en Iraq ». Frank Gaffney Jr. critique, lui aussi, dans le Washington Times, la « détermination de la classe politique » à faire échouer le Président Bush. Une attitude qu’il déplore car elle ne tiendrait pas compte des implications catastrophiques qu’aurait une défaite des forces américaines en Iraq : « Toute idée de reddition doit donc être rejetée ». A Washington, alors que les Sénateurs « oscillent entre désolation et accablement » sur l’avenir de Iraq, le Président Bush reste étonnamment « sûr de lui et de bonne humeur », s’étonne, pour sa part, David Brooks du New York Times, qui critique un Président américain «incapable de reconnaître ses erreurs » et qui ferait encore preuve d'une remarquable « confiance en soi ».
Plus mitigée, Anne Applebaum souligne, dans le Washington Post, qu’« il n’existe pas de solution parfaite pour l’Iraq ». Ainsi, chacun aurait beau présenter sa stratégie de sortie comme la meilleure qui soit, « la menace d’un désastre persistera dans tous les cas », relève la chroniqueuse. Le Baltimore Sun adopte un discours similaire. Il n'y aurait pas « de solution miracle ». Mais même si un retrait d'Iraq est un projet « compliqué » et « périlleux », « le départ des troupes reste la seule option viable ». Soutenir le contraire, comme le fait le Président Bush, serait « encore plus dangereux que d’envisager un retrait sans conséquences dramatiques », conclut le quotidien.
De son côté, Thomas L. Friedman exprime son impatience dans le New York Times : « A quand un vrai élan diplomatique ? » Pour le chroniqueur, il serait temps d'« envoyer les meilleurs négociateurs américains sur place » afin de régler la situation au plus vite et de parvenir à un « accord politique ».
II. La menace terroriste
La publication d’un rapport sur l’ampleur de la menace terroriste aux Etats-Unis n’a pas manqué de susciter les commentaires de la presse américaine, toutes tendances confondues.
Revenant sur la résurgence d’Al-Qaïda dans les zones tribales du Pakistan, évoquée dans le rapport, le Washington Post regrette que l’Administration Bush ait « esquivé ce problème », bien qu’il ait été « de notoriété publique depuis un an ». Il serait à présent « urgent [...] de se débarrasser de ce sanctuaire », même s’il faut pour cela user de « frappes aériennes ou d’opérations spéciales des forces américaines, (…) si l’armée pakistanaise n’y parvient pas » par ses propres moyens. Le Wall Street Journal voit au contraire dans ce rapport la preuve que les Etats-Unis sont « moins menacés qu’auparavant, sans toutefois être en sécurité ». Le Los Angeles Times estime également que le rapport est moins critique à l’égard de l’Administration Bush « qu’on pourrait le croire ».
Plusieurs quotidiens s’intéressent par ailleurs à la dimension juridique de la guerre contre le terrorisme. Le Washington Post, qui estime que « les prérogatives du Président en terme de sécurité nationale » ne doivent pas remettre en cause « les droits des individus » suspectés, s’interroge « sur la possibilité de protéger les secrets de l’instruction tout en garantissant aux suspects un procès équitable ». Il faudrait « préserver un exécutif fort tout en redonnant à la justice la place qui est la sienne », suggère le journal. De son côté, le New York Times se réjouit de la décision du Sénat américain d’« examiner un projet de loi restaurant le droit des prisonniers de Guantanamo à contester leur détention ».
III. Russie
La presse conservatrice maintient ses critiques à l’encontre du Président Poutine. Le Washington Times comme le Wall Street Journal reviennent sur les développements de l’enquête menée par les services britanniques suite à l’empoisonnement d’Alexander Litvinenko. Chaque quotidien dénonce l’implication des services secrets russes dans cette affaire et l’absence de coopération de la part de Moscou. Pour le Wall Street, l’expulsion de quatre diplomates russes de Londres serait une réponse « insignifiante » face à ce qu’il considère comme « un acte de terrorisme soutenu par le Kremlin ». Le Washington Times se félicite, pour sa part, de voir les Britanniques exiger l’extradition d’un ressortissant russe soupçonné d’être impliqué dans l’affaire : « Les autorités britanniques envoient ainsi un message fort comme quoi le meurtre de M. Litvinenko ne restera pas impuni ». L’opposition entre les gouvernements britannique et russe intervient dans un contexte « déjà très tendu entre la Russie et l’Occident », rappelle l’éditorial du Times, qui y voit « une illustration des tentatives du Président Poutine d’extraire la Russie de la sphère d’influence occidentale ».
La volonté exprimée par le Kremlin de se retirer de deux traités anti-prolifération est également un moyen pour « Moscou de s’imposer sur une scène internationale dominée par les Etats-Unis », juge à son tour le Christian Science Monitor. Même si la présence de l’OTAN aux portes occidentales du territoire pourrait expliquer certaines des inquiétudes de Moscou, « l’idée que la Russie puisse à nouveau diriger ses missiles vers l’Europe à de quoi inquiéter », ajoute le quotidien pour qui « l’atmosphère de suspicion et d’incompréhension (…) entre les Etats-Unis et la Russie » justifierait d’autant plus « le respect de ces traités internationaux ». Dans le Washington Times, Helle Dale revient sur le « défi posé par Poutine à Bush » et appelle les membres du Congres à soutenir la décision américaine d’implanter des batteries anti-missiles en Europe malgré la désapprobation de Moscou. Et l’experte de dénoncer les tentations démocrates de faire le jeu de la Russie qui « chercherait à diviser l’Europe et les Etats-Unis » sur cette question.
(N° 451/07/AT/ED) Ambassade de France aux Etats-Unis, le 20 juillet 2007
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