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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE du 7 au 13 juillet 2007 I. Iraq
« Partir ou rester » : le débat sur la situation en Iraq est monté d’un cran cette semaine et tous les quotidiens vont de leurs commentaires suite aux déclarations du Président Bush sur les avancées de la stratégie américaine.
Plusieurs quotidiens influents en appellent ouvertement à mettre un terme à la stratégie d'augmentation des troupes, soutenue par le Président Bush. En tête, le New York Times, qui estime qu' « il est temps pour les Etats-Unis de partir ». « Rester en Iraq ne peut qu'aggraver la situation », résume le quotidien. Le New York Times maintient ses critiques à l’encontre du Président Bush et de son « entêtement » à « refuser d’envisager le retrait des troupes américaines et à croire encore que la ‘guerre peut être gagnée’ ». Aux déclarations de l’Administration américaine, le quotidien new-yorkais oppose un état des lieux assez pessimiste de la situation en Iraq : « Les Etats-Unis n’ont toujours pas de partenaire iraquien engagé dans un processus effectif de réconciliation nationale, et les capacités de l’armée iraquienne à agir en l’absence des troupes américaines sont inexistantes ». Le Baltimore Sun estime de son côté qu'« aucun délai supplémentaire ne pourra transformer cette stratégie défectueuse en succès ». Le quotidien espère donc voir émerger « un accord entre la Maison Blanche et le Congrès sur un retrait des troupes ». Un tel compromis serait envisageable assez rapidement, puisque « ce sont les électeurs qui le réclament ». Prudent, Eugene Robinson (Washington Post) rappelle néanmoins que « rien n'est encore joué ». Puisque la stratégie du Président Bush est « un échec cuisant », explique Thomas L. Friedman dans les colonnes du New York Times, il ne reste plus que deux options : c'est « quitte ou double ». Le chroniqueur affirme néanmoins sa préférence pour un retrait, plus avantageux que le statu quo qui ne ferait qu'augmenter le nombre de « morts américains et iraquiens ».
« C’est maintenant, et pas en septembre », que le Président Bush doit « commencer à discuter des modalités d’un retrait avec les parlementaires » selon le Los Angeles Times, qui juge la lecture du rapport intermédiaire d’évaluation de la situation en Iraq plutôt « décourageante ». Le quotidien californien s’interroge : « Comment peut-on justifier la poursuite de la guerre alors que des progrès satisfaisants n’ont été réalisés que pour huit objectifs sur un total de seize ? » « La vérité c’est que l’on ne pourra pas assumer une guerre indéfiniment, et ça c’est difficile à admettre », assène USA Today. Selon le quotidien national, la question ne serait plus de savoir si les troupes américaines vont se retirer du théâtre iraquien, mais quand et dans quelles conditions. Le Boston Globe renchérit : « Il est temps pour le Président de faire face à la réalité. (…) On ne peut plus se permettre de reporter la discussion sur la stratégie de sortie » sous peine de « voir la palette des options disponibles se réduire considérablement ».
Alors que le débat sur le retrait des troupes d’Iraq se fait de plus en plus pressant, d'autres voix s'élèvent pour mettre en garde contre les dangers d'un départ trop précipité. C’est notamment le cas du Washington Times qui ne cesse d’interpeller ceux qui appellent à un retrait des troupes : ces personnes « ont une responsabilité morale et doivent démontrer qu’un retrait servirait les intérêts sécuritaires américains ». Jusque-là, les partisans démocrates, « emportés par les frustrations exprimées par le peuple américain », seraient loin de pouvoir proposer une solution de rechange. Ils auraient beau avoir l’opinion publique en leur faveur, « ce qui leur manque c’est un solution logique », insiste le quotidien conservateur de Washington. « De la même manière, c’est ridicule d’imaginer (…) qu’en forçant le Président à retirer les troupes d’Iraq, tous nos problèmes seront résolus », ajoute le Dallas Morning News, pour qui le Congrès n’offrirait aucune alternative au « vide créé par le départ des troupes d’Iraq ». Le Wall Street Journal dénonce également la « marche arrière » des Sénateurs qui surviendrait au moment même où « l'offensive militaire du Général Petraeus progresse ». De son côté, Frank Gaffney Jr. (Washington Times), regrette que les Américains soient « si naïfs et si irresponsables », et met en garde contre un retrait trop rapide qui serait interprété comme une victoire par les « islamo-fascistes ». Dans le Washington Post, Henry Kissinger s'interroge sur la meilleure « stratégie de sortie » pour conclure qu' « un retrait précipité ne peut conduire qu'à un désastre ». L'ancien Secrétaire d'Etat du Président Nixon veut croire qu'il existe « une solution politique raisonnable pour mettre fin au conflit » iraquien. Pour ce faire, il préconise la participation conjointe des protagonistes « nationaux, régionaux, et internationaux ».
S'appuyant sur les travaux des experts Michael O'Hanlon et Edward Joseph, le chroniqueur Claude Salhani (Washington Times) s'interroge, pour sa part, sur les conséquences d'une partition de l'Iraq. « Alors que le pays semble jour après jour plus embourbé dans une véritable guerre civile » meurtrière, une telle partition « pourrait bien s'avérer être la meilleure des solutions ». Le chroniqueur en appelle néanmoins à la prudence, estimant qu'il ne faut pas oublier les « leçons » de l'histoire s’agissant de la partition des Etats.
II. Affaire Richard Carmona, ancien Secrétaire à la santé
La presse américaine est revenue sur les déclarations de l’ancien Secrétaire à la santé Docteur Carmona, qui a accusé l'Administration Bush de l'avoir censuré sur plusieurs dossiers, notamment sur les questions de contraception d’urgence et des cellules-souches.
L’affaire révèlerait une « interférence malsaine » entre l’Administration Bush et le Département de la Santé Publique, selon le New York Times. Le pouvoir exécutif aurait, en effet, essayé de faire du Docteur Carmona « un agent de propagande » au service de la politique de santé de la Maison Blanche. Le quotidien souligne qu’il est urgent de redéfinir la fonction du Secrétaire à la santé afin que ce dernier puisse assurer son rôle de « médiateur national au service de la santé publique ». Pour cela, le Congrès devrait « interdire toute tentative de censure des rapports du chirurgien-général ».
Le Wall Street Journal et USA Today sont, quant à eux, très critiques de l’attitude du Docteur Carmona. Pour le premier quotidien, l’ancien secrétaire à la santé aurait pu démissionner ; le fait qu’il ne l’ait pas fait suggèrerait que « ses remords étaient à l’époque moins importants qu’il ne veut le faire croire aujourd’hui ». Ainsi, un « bon médecin » aurait pu « dire les choses haut et fort et en assumer les conséquences, quitte à être démis de ses fonctions ». USA Today rappelle, quant-à-lui, qu’un responsable de la santé « loyal » doit être capable d’« éduquer la population sur les questions de santé, et d’aller à l’encontre des partis pris politiques, religieux et économiques ».
III. Affaire des procureurs
La presse américaine revient également sur l’attitude de la Maison Blanche dans l’affaire du renvoi des procureurs fédéraux. Le New York Times, dénonce ainsi les « privilèges excessifs » que l’actuel Président utiliserait afin de « bloquer l’enquête » relative au renvoi des procureurs fédéraux en mars dernier. Le Los Angeles Times considère, quant-à-lui, que « les privilèges de l’exécutif ont des limites » et qu’il est du devoir du Président Bush de trouver un compromis avec le Congrès dans cette affaire. Pour le Baltimore Sun, le refus du Président Bush d’autoriser d’anciens conseillers à témoigner devant le Congrès sur les contacts entre la Maison Blanche et le Département de la Justice serait « une preuve implicite que le Chef de l’Etat et le Procureur Général Alberto R. Gonzales ont beaucoup de choses à cacher ».
(N° 450/07/AT/ED) Ambassade de France aux Etats-Unis, le 13 juillet 2007
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