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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE du 20 au 26 janvier 2007 I. Discours sur l’Etat de l’Union
Poursuivant le débat sur la pertinence de la stratégie iraquienne développée par l’Administration Bush, la presse se montre plutôt sceptique et peu enthousiaste suite au discours sur l’Etat de l’Union prononcé par le Président américain devant le Congrès.
Les principaux quotidiens conservateurs se contentent ainsi de commentaires très limités sur le discours. Le Washington Times ne publie aucun éditorial sur le sujet, alors que le Wall Street Journal préfère se concentrer uniquement sur les propositions présidentielles en matière de santé publique. Seul le New York Sun se félicite de la performance du Président Bush : « Malgré les discussions sur la place du Président Bush dans les sondages, le discours sur l’Etat de l’Union s’est relevé être optimiste et porteur d’espoir ».
Pour le New York Times en revanche le Président Bush se serait « contenté de peu », alors que la Maison Blanche aurait laissé entendre que le discours serait l’occasion de « raviver son programme de politique intérieure en proposant des concepts innovants et hardis ». Or, les propositions faites seraient « modestes » ; en matière de sécurité sociale elles ne feraient qu’effleurer « un problème énorme », et les promesses en matière de réduction de la consommation énergétique auraient été évoquées, mais pas en relation avec la question du réchauffement climatique, note l’éditorial. Le Los Angeles Times partage l’analyse du New York Times, et voit dans la performance du Président Bush une contribution « plus que jamais artificielle ».
Le Washington Post ou le Baltimore Sun se montrent plus sévères encore. « L’état de la présidence n’a jamais été aussi mauvais », juge le principal quotidien de la capitale, qui dépeint une Administration qui doit faire face à un Congrès contrôlé par les Démocrates et à une opinion publique « toujours plus mécontente de la guerre en Iraq ». Et de juger « de toute façon trop tardive » toute tentative de convaincre « les sceptiques au Congrès et aux Etats-Unis de la pertinence de l’approche [présidentielle] sur la question iraquienne ». Seul l’avertissement quant à la gravité des conséquences d’un éventuel échec en Iraq émis par le Président Bush est partagé par l’éditorialiste qui reconnaît également au Président américain le mérite « d’offrir une base de discussion raisonnable en matière de politique énergétique, de santé, d’éducation et d’immigration ». Le Baltimore Sun commente négativement la partie consacrée à l’Iraq, déplorant l’absence d’une proposition de solution politique, sans laquelle « toute solution militaire sur le terrain est impossible ».
Les principaux quotidiens proposent en outre de longues analyses de l’exercice auquel le Président américain se plie chaque année. Celle du Washington Post décrit un chef de l’Etat « en état de siège », « tentant de raviver une présidence » grâce à un discours qui « aurait été loin d’être défensif », notamment la partie consacrée à l’Iraq et au terrorisme. « Malgré ses échecs, Bush a fait preuve de fermeté », constate, pour sa part, le commentateur du Baltimore Sun, Paul West. « Peut-on encore sauver cette présidence ? », se demande Janet Hook du Los Angeles Times. Aux dires de certains experts, les initiatives évoquées en matière de politique intérieure sont « trop timides, voire trop tardives », explique-t-elle. Le Los Angeles Times fait également état des efforts du Président Bush dans sa « recherche de compromis » sur les question de politique intérieure, sans pour autant céder sur la « stratégie iraquienne ».
La presse régionale a également multiplié les analyses suite à la prestation du Président Bush. La majorité des commentaires porte sur la question iraquienne. Pour l’éditorialiste de l’Austin American Statesman, le Président Bush se serait « bien débrouillé » en défendant sa stratégie devant un « Congrès sceptique à majorité Démocrate ». Malgré cela, le peuple américain aurait davantage besoin de « réponses rapides [sur les chances de succès de la stratégie défendue par la Maison Blanche] que d’un discours ». La Maison Blanche est « menacée par une faillite politique », reprend le San Antonio Express News, qui implore la majorité démocrate au Congrès de ne « pas laisser les désaccords sur la stratégie vis-à-vis de l’Iraq paralyser le gouvernement », et d’étudier les réformes proposées en matière d’immigration, de sécurité sociale ou d’énergie. « Les leaders démocrates au Congrès pourraient être tentés d’ignorer ces initiatives », s’inquiète l’éditorial, pour qui une telle réaction serait « préjudiciable pour l’ensemble du pays ».
II. La candidature déclarée d’Hillary Clinton
La presse américaine a longuement couvert l’annonce de la candidature d’Hillary Rodham Clinton aux primaires démocrates.
« Hillary est lancée [dans la course] et la plus intéressante des primaires démocrates démarre », s’exclame le Washington Post. Même si l’annonce de cette candidature « n’est pas une surprise, cela ne lui enlève pas sa signification ». Elle conserve toute son originalité : « il n’y avait jamais eu de candidature féminine aussi susceptible de conquérir la Maison Blanche ». Pour le Washington Post, Hillary Clinton est la favorite, mais elle a surtout le mérite de bénéficier d’« une expérience politique inégalée acquise tant au sein de l’Administration de son mari qu’au Sénat ».
Patrick Healy, dans le New York Times, juge, de la même manière, que la candidate démocrate est « la plus avancée dans la bataille présidentielle 2008, [qu’]elle a le plus grand réseau pour lever des fonds et [qu’elle] profite d’une expérience façonnée pendant huit ans à la Maison Blanche en tant que première dame ». Mais tous ces « atouts » ne lui assureraient pas la victoire pour autant car jamais dans l’Histoire des Etats-Unis, une campagne présidentielle n’a commencé aussi tôt : les prétendants démocrates « sont encore à 400 jours de la nomination effective », rappelle le journaliste.
Malgré l’accueil assez favorable réservé par la presse à la candidature, les commentateurs soulignent les difficultés auxquelles Hillary Clinton devra faire face. L’un de ces défis découlerait de « la triste position d’Hillary Clinton concernant la guerre en Iraq ». L’éditorial du Washington Post revient sur le vote de la Sénatrice de l’Etat de New York en faveur de la guerre, en expliquant « que pour les Démocrates et les Américains, elle n’aurait pas changé d’avis assez rapidement ». Patrick Healy, dans le New York Times, trouve sa position concernant la guerre en Iraq et son manque d’engagement « dérangeants » : « rien ne garantit que Madame Clinton l’emportera sur ses adversaires, ou gérera les sujets qui l'ont longtemps contrariée, comme la guerre en Iraq ».
Ensuite, elle devra prouver aux électeurs « qu'elle n'est pas la personne que ses détracteurs décrivent : radicalement libérale, impitoyablement ambitieuse, ou moralement compromise ». Mais le plus dur à surmonter n’est pas là : Hillary Clinton devra « persuader de nombreuses personnes de faire confiance à une femme ‘commandante en chef’ en temps de guerre ».
L’éditorial du Washington Post avance une solution : « L’astuce pour Madame Clinton sera de mener la barque et de gérer la guerre ainsi que les autres questions politiques de manière à attirer, ou au moins apaiser, les électeurs libéraux qui ne la placent pas en tête des sondages ». La question n’est pas de savoir si une femme peut devenir présidente, ajoute le Post, mais plutôt de savoir si Hillary Clinton le peut.
(N° 427/07/AT/NL) Ambassade de France aux Etats-Unis, le 26 janvier 2007
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