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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE du 29 Décembre 2006 au 5 janvier 2007 I. == Exécution de Saddam Hussein ==
La presse américaine a largement commenté l’exécution de Saddam Hussein. Si certains l’approuvent, d’autres ne manquent pas de mettre en garde contre les conséquences de cet acte.
Plusieurs voix se sont élevées dans la presse pour saluer la mort du dictateur iraquien en réponse au mouvement d’indignation soulevé par les circonstances de son exécution.
Le Los Angeles Times considère ainsi qu’« il est absurde de regretter la mort d’un homme aussi brutal ». Il affirme qu’ « avoir fait de Saddam Hussein une personne sans intérêt est l’un des plus grands aboutissements de la guerre en Iraq ». Le Wall Street Journal tient quant-à-lui à « rappeler que l’exécution de Saddam Hussein est un événement rare : l’application de la justice à un tyran après un procès juste et transparent ». « Si sa pendaison ne marque pas la fin des violences en Iraq, elle est importante pour le futur du pays », considère le quotidien. Il conclut en affirmant que « les 3000 Américains qui ont laissé leur vie dans cette noble mission l’ont fait pour une juste cause ». Dans le Washington Times, Helle Dale s’insurge contre le « mythe qui se seraient construit sur l’Iraq », selon lequel « Saddam Hussein n’aurait pas eu d’armes de destruction massive ». Elle réfute également les critiques accusant les Etats-Unis de ne pas avoir choisi « la mise en place d’un tribunal international », arguant que « le cas de Milosevic a montré combien cette approche pouvait être limitée ».
Une bonne partie de la presse exprime toute fois son malaise face au déroulement de cette exécution et s’interroge sur le rôle joué par les Etats-Unis .
Dans un éditorial, le New York Times affirme que « le dictateur condamné semble avoir été livré par les autorités militaires américaines aux mains d’un lynchage collectif des Shiites ». « Pour l’administration Bush (…) ces images sont un sujet d’embarras et de honte ». Pour le New York Times, « cet épisode montre que le Premier ministre Maliki n’est décidément pas capable de créer le gouvernement d’unité nationale que Washington ne cesse d’appeler de ses voeux et dont l’Iraq a désespérément besoin ». Pour Thomas L. Friedman (New York Times), cette exécution « ressemble davantage à un rituel de revanche tribale qu’au point culminant du processus constitutionnel auquel l’Amérique aurait dû être fière de participer ». Charles Krauthammer (Washington Post) critique fortement le gouvernement de Maliki qui « aurait fait échouer le procès et l’exécution de Saddam et qui a transformé le monstre en victime ». « Ce n’est pas qu’une tragédie, c’est un crime contre le nouvel Iraq », estime le journaliste, pour qui cette exécution « illustre l’intolérance et le sectarisme du gouvernement Maliki ». Il affirme : « nous ne devrions pas mobiliser des troupes américaines pour défendre un tel gouvernement ». Pour Jim Hoagland (Washington Post), « l’unité nationale iraquienne, telle que la notion en a été conçue et manipulée par l’Administration Bush pour servir ses propres fins, se révèle être un miroir aux alouettes ». Pour Bob Herbert (New York Times), l’exécution de Saddam Hussein est en outre prétexte à une nouvelle condamnation de la guerre au moment où le Président réfléchit à l’envoi de nouvelles troupes en Iraq. Il condamne ainsi « une guerre qui a été un exercice de futilité et d’incompétence époustouflant (…), une spirale destructrice dont le pays ne parvient pas à sortir ». « Nous méritons d’être critiqués pour ne pas avoir réussi à apporter la sécurité nécessaire pour que de telles valeurs se mettent en place », constate le journaliste. « Si la volonté de partager le pouvoir entre les différentes communautés iraquiennes n’existe pas, le fait d’ajouter de nouvelles troupes américaines ne servira à rien », conclut Thomas L. Friedman.
Pour Bruce Fein (Washington Times), « compromis avec Saddam Hussein, les Etats-Unis n’ont pas le droit de se féliciter de cette pendaison ». Il considère que tout comme « les Talibans en Afghanistan et Ossama Ben Laden, Saddam Hussein a été en partie une création des Etats-Unis, qui devrait s’en rappeler la prochaine fois qu’ils soutiendront un dictateur au nom de la Realpolitik »
D’autres choisissent enfin de placer le débat sur « la moralité » de la peine de mort en général. Cal Thomas (Washington Times) critique ainsi avec virulence, les pays qui se sont opposés à la sentence de mort pour Saddam Hussein : « Un grand nombre des pays qui ont aboli la peine de mort (…) ont freiné l’exécution parce qu’ils pensent, à tort, qu’ils sont ainsi plus humains ». Moralisateur, il continue en affirmant que : « c’est particulièrement contradictoire de la part du Royaume-Uni et de la Russie qui ont aboli la peine de mort mais ne font rien pour restreindre un taux incroyablement élevé d’avortements qui tuent des innocents ». Dans le Washington Post, Jim Hoagland prend quant-à-lui le contre-pied de cette position pour affirmer que « les enjeux soulevés par l’exécution de Saddam sont plus politiques que moraux car au sens moral, une exécution digne n’existe pas (…) et que prendre une vie aussi méprisable soit-elle, reste un moment tragique ».
II. == Somalie ==
La presse américaine revient sur les derniers événements de Somalie en s’intéressant avant tout à la lutte contre Al-Quaeda et en se livrant à des comparaisons avec l'Iraq.
Dans une tribune du Washington Times intitulée « Le modèle de l’Ethiopie », Jack Kelly, un ancien marine, établit un parallèle entre le conflit en Somalie et la guerre en Iraq : « Il est dur de gagner une guerre si vous arrêtez de vous battre en plein milieu. C'est la leçon que nous devrions tirer de l'Ethiopie ». Le ton est donné. Jack Kelly poursuit en déclarant : « pendant la marche sur Bagdad, nous avons employé la force en Iraq ; nous avons eu un succès rapide (...) Depuis que la statue de Saddam est tombée, nous avons agi comme si la guerre était finie ». Dans un contexte où le Président Bush doit annoncer prochainement le nombre de troupes supplémentaires qui partiront en Iraq, Jack Kelly considère que « les demi-mesures ne donnent pas de bons résultats. Si les mesures militaires que nous prenons en Iraq doivent d'abord être approuvées par les responsables politiques iraquiens et la rédaction du New-York Times, nous ne réussirons pas, même si nous doublons le nombre de troupes ».
Pour Vicki Huddleston (WT), les Etats-Unis doivent « empêcher la Somalie de devenir un refuge pour le terrorisme d’Al-Quaeda en Afrique ». En effet, cet « Etat est ingouvernable et illégal », il faut donc agir et « prendre l'initiative de réconcilier la communauté internationale et de soutenir la transformation de la Somalie en un état viable ». Elle estime que maintenant que les Nations Unies ont approuvé une mission africaine de pacification, il faut « mettre ces forces en place. Leur présence refroidira les Islamistes ». Dans un éditorial intitulé « La chance de la Somalie », le Washington Post, considère que la situation est l’occasion qu’« un bastion d’Al-Quaeda soit éliminé ». De plus, cela donne « à l'Administration Bush une chance rare d'aider à stabiliser un état en faillite ». Mais pour y parvenir, « l'Administration Bush doit rapidement fournir le financement et le support logistique permettant de créer une force africaine. Si le pont aérien de l'OTAN et les ressources supplémentaires peuvent être mobilisés, ils doivent l’être ». L’éditorial conclut en affirmant qu’ « il se peut que la perspective de stabiliser la Somalie et d'éliminer un bastion d’Al-Quaeda s'avère être un mirage, mais l'Administration doit tout faire pour saisir cette réelle opportunité ».
(N° 426/07/LC/NL) Ambassade de France aux Etats-Unis, le 5 janvier 2007
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