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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 11 au 17 Novembre 2006

I. Iraq

La presse se fait l’écho du débat sur le dossier iraquien. Les quotidiens relaient les différentes options stratégiques qui s’offrent aux Américains et s’interrogent sur la possibilité de parvenir à un consensus entre Démocrates et Républicains.

Les propos tenus par le Général John Abizaid, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, ont fait couler beaucoup d’encre dans la presse américaine. Pour USA Today, le Général « a passé la journée à défendre une guerre qui échoue [en Iraq], et à demander, voire même supplier, un Congrès sceptique et frustré de lui accorder davantage de temps en Iraq ». Pour le quotidien, « à force de se réveiller tous les matins pour apprendre qu’il y a de nouveaux morts et toujours plus de chaos en Iraq, les Américains ont perdu patience ». Si le Washington Times considère que le Général « rejette les propositions du Sénat démocrate qui souhaitait un retrait immédiat des troupes », le New York Times remarque, quant à lui, que c’est « la première fois que le Général Abizaid reconnaît que la décision, prise en 2003, par l’Administration Bush, de ne pas envoyer une force plus importante pour stabiliser le pays, a miné la position américaine en Iraq ».

« A Washington, tous les yeux sont maintenant rivés sur le Groupe d’Etudes sur l’Iraq » qui doit rendre son rapport en décembre, estime le New York Times. Mais tous n’ont pas les mêmes attentes. Donald Lumbro (Washington Times) estime ainsi qu’il n’y a « aucune certitude qui garantisse que MM. Hamilton et Baker puissent parvenir à un consensus qui satisfasse les deux camps ». Le New York Times soutient qu’ « à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Administration, beaucoup attendent du groupe d’Etudes sur l’Iraq qu’il fournisse un échappatoire au Président Bush ».

La presse américaine s’interroge à nouveau sur l’opportunité d’engager des discussions directes avec l’Iran et la Syrie pour stabiliser l’Iraq.

Pour le Wall Street Journal, qui y est défavorable, « l’Administration Bush soutient qu’il n’y aura pas de négociations directes avec l’Iran tant que Téhéran n’aura pas suspendu l’enrichissement d’uranium » mais « elle est néanmoins soumise à une pression considérable à l’intérieur du pays comme à l’échelle internationale pour chercher le soutien de l’Iran ». Dans un éditorial intitulé « Sortir de l’Iraq avec « l’aide » de l’Iran », le Christian Science Monitor affirme que « le Président Bush prendra probablement en compte l’avis du Groupe bipartisan d’Etudes sur l’Iraq qui devrait suggérer aux Etats-Unis de travailler avec l’Iran et la Syrie pour laisser derrière eux un Iraq stabilisé ». Le quotidien considère que « le prix d’une telle « aide » pourrait nécessiter une pression américaine sur Israël pour créer un Etat palestinien viable ainsi que des concessions à la Syrie sur le plateau du Golan. Pour cela, « Bush et le Congrès démocrate doivent travailler ensemble » et « être sur la même longueur d’onde » s’ils veulent « obtenir un engagement de l’Iran, ce qui ne sera pas chose facile ». Le Christian Science Monitor ajoute que « l’Iran a beaucoup à offrir s’il joue en Iraq un rôle similaire à celui qu’il a eu en Afghanistan ».

II. Processus de paix au Proche-Orient

Alors que le Premier ministre israélien Ehud Olmert était en visite à Washington cette semaine, la presse se penche sur les moyens de « raviver l’effort de paix Israélo-arabe ».

Le New York Times constate qu’à cette occasion, le Premier ministre israélien a obtenu les assurances qu’il cherchait sur la fermeté de la position des Etats-Unis vis-à-vis de Téhéran. Et de conseiller à l’Administration américaine de répondre à la requête « plus urgente » des Israéliens de voir le Hezbollah désarmé. Washington doit, pour cela, « abandonner ses réticences à engager des discussions avec la Syrie », estime l’éditorialiste du quotidien, qui insiste : « Il est temps de donner une chance aux négociations directes avec la Syrie ». Le Washington Post suggère pour sa part l’exercice d’une action multilatérale vis-à-vis de la Syrie, sans exclure la menace de sanctions, afin de contrer « une vicieuse campagne destinée à empêcher le développement de la démocratie au Proche-Orient ».

Le Wall Street Journal se montre plus dubitatif, évoquant une « approche illusoire de [la situation à] Gaza » de la part de deux hommes « amoindris par leur incapacité à gagner une victoire décisive contre les forces de l’Islamofascisme ». L’éditorial du quotidien revient longuement sur les résultats visibles aujourd’hui à Gaza « des efforts avortés de coopération avec Monsieur Abbas », reprochant à l’Administration américaine de continuer à encourager Israël à travailler avec le Président de l’Autorité Palestinienne : « L’Administration semble de plus en plus désireuse de presser Monsieur Olmert à s’appuyer sur Mahmoud Abbas, qui ne mérite pas ce soutien ». Et de conclure que « l’approche de l’Administration Bush de ce qui reste du ‘processus de paix’ est dans un piteux état ».

III. Suite des élections parlementaires

Les commentateurs reviennent sur les suites du scrutin parlementaire, évoquant les défis auxquels les Démocrates sont confrontés et les différents sujets qui pourraient être à l’ordre du jour de la législature qui s’achève et du prochain Congrès.

Le Washington Times s’interroge sur le soutien accordé par le nouveau président de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, à la candidature du Sénateur Murtha au poste de leader de la majorité au Sénat. Tout en critiquant ce choix, le quotidien conservateur y voit une tentative de la part de Nancy Pelosi de s’imposer politiquement en décidant de « récompenser sa base anti-guerre ». Ruth Marcus (Washington Post) s’exprime également contre cette candidature, évoquant, entre autres, des questions d’éthique liées au passé du Sénateur de Pennsylvanie. L’éditorial du Los Angeles Times nourrit les mêmes préventions à l’égard du choix de Mme Pelosi, soulignant que « John Murtha a un style de politique contre lequel les électeurs se sont précisément rebellés la semaine dernière ». Après la désignation du Sénateur Hoyer au détriment de John Murtha, le New York Times estime que le « mal est fait » pour Nancy Pelosi, qui a ainsi « entamé inutilement son crédit politique » et qui devra dès lors faire face au « scepticisme » de son parti et de l’extérieur quant à sa « capacité à défendre un agenda politique solide ».

Nombre d’éditoriaux s’expriment sur les sujets qui restent en suspend au Congrès. La priorité doit être donnée aux lois de finances, avance l’éditorial du Washington Post, qui espère également que la 109ème session du Congrès se décidera à accorder un siège de Représentant supplémentaire au District de Colombie. USA Today et le Washington Times se penchent sur la réforme de l’immigration. Pour le Los Angeles Times, certains sujets, controversés, devraient être reportés à la prochaine session, notamment les législations sur l’énergie et les propositions se rapportant aux programmes de surveillance de la NSA.

Le Washington Times revient sur l’élection et estime que la baisse du prix de l’essence et les efforts de dernière minute déployés par le conseiller de la Maison Blanche, Karl Rove, en faveur des candidats républicains, ont largement contribué à éviter « une catastrophe politique aux proportions épiques ». Le New York Times évoque, pour sa part, les irrégularités du scrutin et exhorte les Démocrates à faire de ce problème « une de leurs priorités », en appelant les Républicains à les soutenir sur cette question.

Alors que les élections viennent à peine de s’achever, « tous les regards sont déjà tournés vers la course présidentielle de 2008 », estime John Hughes, dans le Christian Science Monitor. « Les chevaux sont sur la ligne de départ », selon le commentateur, qui examine les chances d’Hillary Clinton, d’Al Gore, de Barack Obama et de John Kerry chez les Démocrates, et de John McCain, Rudy Giuliani, Mitt Rommey et Newt Gingrich pour les Républicains.


(N° 420/06/AT/AVDM)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 17 Novembre 2006