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SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE du 8 au 13 juillet 2006 I. Protection des « ennemis combattants » détenus par les Etats-Unis
L’annonce par l’Administration Bush de l’application des protections de l’article 3 commun aux Conventions de Genève aux « ennemis combattants » est accueillie positivement. « Enfin ! » s’exclame le New York Times qui voit dans cette décision la victoire de la règle de droit ainsi qu’un « véritable pas en avant pour une administration qui a essayé de se placer au dessus de la justice ». De la même manière, le Los Angeles Times accueille cette évolution avec satisfaction tout en suggérant que cette décision a été prise « à contrecœur et sans élégance ». La décision de la Maison Blanche est perçue comme un « retour à la justice » par le Houston Chronicle qui se félicite de ce « pas majeur vers la restauration de la stature des Etats-Unis » dans le monde.
Pour autant, USA Today souligne la « portée limitée » du changement, d’autant plus que le gouvernement américain était dans l’obligation de respecter l’arrêt Hamdan de la Cour Suprême. Ce « premier pas prometteur » ne s’appliquera cependant pas aux détenus dans les prisons secrètes de la CIA, regrettent l’éditorial du quotidien national comme celui du Washington Post. Ce dernier déplore ce flou ainsi que le maintien des préférences de l’Administration américaine pour l’application de la loi martiale aux ennemis combattants; un système pourtant « inadéquat » selon le quotidien de la capitale qui constate avec dépit « qu’aucun combattant n’a de toute façon été jugé en cinq ans ». Le constat fait par Mark Sappenfield, du Christian Science Monitor, est similaire : « le mémo du Pentagone et la déclaration de la Maison Blanche précisent les règles [de traitement des combattants illégaux détenus par les Etats-Unis] mais rares sont ceux qui estiment que cela va révolutionner les pratiques ». Le commentateur Bob Herbert exprime également ses doutes (dans le New York Times) en se demandant si « l’Inquisition américaine post-11 septembre est réellement en train de se terminer ». « Il en faudra plus pour rétablir l’équilibre des pouvoirs et redorer l’image écornée des Etats-Unis dans le monde » conclut pour sa part l’éditorial du New York Times.
Le Wall Street Journal défend une position contraire, jugeant regrettable que « les ennemis combattants, les pirates, les trafiquants de drogue et les terroristes » se voient appliquer les même « privilèges et immunités » que les GIs américains. L’Administration américaine aurait dû continuer à « protéger ses pouvoirs exécutifs » en optant pour une interprétation plus restrictive de l’arrêt Hamdan. Selon l’éditorial, le choix des autorités américaines est un « coup porté à l’effort anti-terroriste » comme un « coup politique à l’autorité légale et morale » de l’Administration Bush.
II. Proche-Orient
Pour la presse américaine, les opérations lancées par l’autorité Israélienne ont ravivé le « cycle des affrontements » au Proche-Orient. Le Washington Post ouvre ses colonnes au Premier Ministre palestinien issu du Hamas, pour qui « les mouvements unilatéraux engagés cette année par Israël ne sauraient conduire à la paix [et] le retrait temporaire des troupes [israéliennes] de la bande de Gaza ainsi que la construction du mur de séparation ne sont pas des avancées vers une résolution du conflit mais des actes symboliques vides ne parvenant pas à répondre au conflit sous-jacent ».
En dépit des initiatives du gouvernement israélien mettant en œuvre sa politique de « convergence » et de « réalignement », les quotidiens américains concluent à un nouvel « échec » du processus de paix. Le Washington Times parle d’un « rêve impossible » et d’une « illusion éternelle » en précisant que les « représailles israéliennes » font partie d’un « plan global destiné à détruire le gouvernement du Hamas et à retarder l’établissement d’un Etat palestinien dans la Bande de Gaza ». Le Los Angeles Time reprend les propos de Gidi Grinstein, président du Reut Institute, estimant que la logique de « convergence » serait « aussi étrange que le refus de reconnaître le Hamas comme un acteur clef en Palestine », regrettant « le manque de clairvoyance » du gouvernement d’Ehud Olmert, mais aussi son « inexpérience » militaire. Au contraire, le Wall Street Journal relève que l’insécurité n’a pas augmenté en Israël depuis le retrait de Gaza et même que « les violences terroristes sont au plus bas depuis six ans ».
Face à ce regain de violence, le Baltimore Sun s’intéresse, quant à lui, au rôle des Etats-Unis en affirmant que sans une pression sérieuse du Président Bush pour la paix, le Proche Orient risquerait de connaître de sérieux problèmes ». Le quotidien espère que la Maison Blanche sortira prochainement de sa « dangereuse léthargie » car seuls, la Palestine et Israël ne peuvent empêcher la situation de dégénérer. A cet égard, les Etats-Unis auraient un rôle « vital » à jouer en établissant un nouveau plan de partage, avec le soutien de la communauté européenne, de ses alliés arabes et, éventuellement, de la Russie. Il appelle également le Président Bush à « prendre la direction du conflit » et à « promouvoir l’envoi d’un groupe de négociateurs pour convenir d’un cessez-le-feu et de la libération du Caporal Shalit ». Selon Max Boot (Los Angeles Times), la situation présente conduit plus largement à s’interroger sur la réussite du processus de démocratisation pour le Proche-Orient conduit par le Président américain.
III. La Russie avant le G8
L’ouverture du G8 à Saint Petersbourg a été l’occasion, pour la presse américaine, toutes tendances confondues, d’appeler la Russie à prendre un « tour plus démocratique ».
Le New York Times souligne qu’en dépit des progrès faits depuis la fin de l’ère communiste et de son poids économique important, la Russie n’est toujours pas une « véritable démocratie libérale ». Le quotidien estime que pour son appartenance au G8 doit l’obliger à évoluer. Gary Kasparov, dans une tribune du New York Times au titre révélateur « pourquoi le G7 devrait insister sur les réformes démocratiques », espère que l’admission de la Russie au G8 dans ce club s’accompagnera de l’exigence démocratique. Pour lui, fermer les yeux sur ce préalable pour s’assurer du soutien de la Russie en matière de politique internationale est une méthode inefficace. Par ailleurs, dans un article du Washington Times, Tony Blankley relève la contradiction entre les déclarations du Président Bush sur la Russie « partenaire dans ce monde dangereux » et les critiques répétées du gouvernement américain sur les réformes « anti-démocratiques » du Président Poutine. Pour lui, la Russie ne sera jamais un « allié fiable de l’Occident » puisqu’elle ne suit que sa « propre voie », et il ne pourra y avoir que des alliances au « cas par cas ».
Le Los Angeles Times adopte une position sensiblement différente : la Russie n’est pas « l’empire du mal » qu’elle fut pendant l’ère communiste et de nombreux intérêts communs tels que la lutte contre le terrorisme devraient pousser les Etats-Unis à « dialoguer » avec le Président Poutine « tel qu’il est et non pas tel qu’ils voudraient qu’il soit ». La Russie doit être traitée comme « une puissance importante et indépendante ».
Enfin les analystes des différents journaux ont également commenté le thème choisi par le Président russe pour la réunion du G8 : la « sécurité énergétique ». Le Washington Times ne s’étonne pas d’un tel choix puisque la Russie est le plus gros exportateur de matières premières, mais il évoque également les divergences de vue entre les sept autres pays en matière de « sécurité énergétique ». Le Christian Science Monitor s’inquiète de ce que la Russie utilise ses matières premières comme « arme politique ». Mais il relève également que cette politique peut se retourner contre le « contrôleur » si les consommateurs se tournent vers d’autres types de ressources. Il espère que ce G8 permettra au marché de l’énergie de « s’ouvrir » et de devenir plus « fluide ».
IV. Corée du Nord
La « provocation » de la Corée du Nord inquiète les quotidiens américains qui espèrent que cette crise des missiles pourra susciter un nouvel élan diplomatique. La principale inquiétude porte sur la différence d’appréciation du danger entre Séoul, Pékin et Washington. Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le bras de fer va principalement se jouer entre la Corée du Nord et le Japon tandis que la Corée du Sud et la Chine devront clarifier leur position face à Pyongyang. Le Washington Times précise que les récents événements ont donné aux Etats-Unis une « occasion en or » pour réintroduire ses forces militaires dans la zone Pacifique mais également pour renforcer les dispositifs de défense taïwanais, tandis que certains font état d’une coopération entre la Corée du Nord et l’Iran sur leurs programmes balistiques et nucléaires./.
(N° 405/06/AT/AVDM) Ambassade de France aux Etats-Unis, le 13 juillet 2006
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