Ambassade de France aux Etats-Unis
Publications La France de A à Z Relations franco-américaines La France aux EU Actualités Aller aux Etats-Unis Espace Jeunesse Contactez-Nous A propos  
Embassy of France in the United States
ACTUALITÉS
A la Une Point de presse du jour Relations France-U.S. Dossiers thématiques La Presse Américaine La Presse Française Médias français en ligne
Actualité en Images

Date d'Aujourd'hui:   print this page email this page

SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 27 mai au 2 juin 2006

I. Iran : les Etats-Unis se disent prêts à discuter avec l’Iran

En début de semaine, la presse américaine s’interrogeait encore sur l’opportunité pour les Etats-Unis d’engager des discussions avec l’Iran. Le Washington Post avait ouvert ses colonnes à l’ancien ministre allemand des affaires étrangères Joschka Fischer qui s’est fait l’avocat d’une solution négociée entre Téhéran et les nations occidentales, avec Washington à leur tête, jugeant les délais pour « engager une solution diplomatique [déjà] très courts ». Le New York Times, partisan d’une solution négociée, poursuit : « en testant la volonté de l’Iran d’engager des discussions sérieuses, les Etats-Unis pourraient se mettre dans une position diplomatique très forte pour réclamer des sanctions internationales efficaces par la suite ».

L’annonce de la disponibilité de Washington à s’asseoir à la table des négociations avec l’Iran est saluée par une grande majorité de la presse américaine, quelques quotidiens conservateurs exprimant toutefois une voix discordante. Pour l’éditorial du Washington Post cette annonce est une « approche habile » considérée « comme un bon moyen d’engager des discussions sans [pour autant] récompenser les mauvais comportements ». « Bien ficelée », cette proposition présentée par Condoleezza Rice « contraint comme il se doit Téhéran, et non Washington, à faire des choix », mais « sans fixer d’échéance » pour une réponse iranienne. L’initiative américaine est considérée comme un « tournant majeur », un « virage à 180 degrés » selon le Los Angeles Times qui la qualifie de « courageuse et d’historique » mais aussi porteuse « de l’espoir de mettre un terme aux hostilités qui ont marqué les relations entre les Etats-Unis et l’Iran depuis 1979 ». De la même manière pour USA Today, ce « demi-tour politique » est le « bienvenu […] après cinq années de rejet constant de toute négociation avec l’Iran ». Le quotidien juge que des discussions « ne peuvent qu’être bénéfiques pour les Etats-Unis » même s’il estime que la proposition américaine « arrive tard » et « a peu de chances de succès ». Les Etats-Unis « se sont dégagés une marge de manœuvre plus conséquente » se félicite David Brooks, et « personne ne pourra plus accuser l’Administration américaine de ne pas avoir joué pleinement la carte diplomatique ». Il ne s’agit pas pour autant d’un « grand bargain » relèvent enfin différents commentateurs de la presse américaine.

Les media conservateurs apparaissent plus partagés. Le Washington Times est mitigé, exprimant ses doutes sur les chances de succès de l’initiative américaine, avant de rappeler la « mise en garde de John Bolton » pour qui Téhéran ne pourra faire durer les discussions éternellement et qui affirme que Washington « ne tolérera pas un Iran nucléaire ». C’est le Wall Street Journal qui se montre le plus réservé sur le « revirement politiquement surprenant » effectué par Condoleezza Rice en estimant qu’il n’a « qu’une grande vertu : celle de mettre fin à l’illusion que les négociations menées depuis trois ans par les Européens ont une quelconque chance de stopper les ambitions nucléaires de l’Iran ». Le quotidien craint que le Président Bush puisse « se retrouver rapidement sous pression pour lâcher de nouvelles concessions » avant de conclure : « si la manœuvre échoue, [Condoleezza Rice] aura essentiellement réussi à donner davantage de temps au régime des Mollahs pour devenir une puissance nucléaire terroriste ».

II. Iraq

Suite à la rencontre du Président Bush avec le Premier ministre britannique Tony Blair à l’occasion de laquelle chacun a reconnu que « des erreurs [avaient été] commises en Iraq », la presse américaine demeure pessimiste sur la situation iraquienne. Selon Tom Friedman du New York Times, la multiplication des actes de violence à Bagdad prouve que la région est « tombée dans l’anarchie ». Face à une présence militaire américaine qui aurait « trop traîné », le journaliste affirme que seuls les responsables iraquiens peuvent aujourd’hui « taper du poing sur la table » et imposer un retour à l’ordre. Or, comme le souligne l’éditorial du Washington Post, même si « un gouvernement constitutionnel et démocratique » a été mis en place, « les bains de sang ne font qu’empirer » et la question sécuritaire reste un réel problème dont le Président Bush ne semble pas « prendre toute la mesure ». Pour le commentateur Fareed Zakaria, les solutions proposées par le Président américain sont « technocratiques et militaires » alors que « le problème en Iraq est fondamentalement politique » et qu’il faudrait aujourd’hui « un accord qui soit une forte incitation pour [encourager] les trois communautés à coopérer ».

La poursuite des révélations sur des « assassinats » et des « actes de torture » que les Marines américains auraient perpétrés dans la ville d’Haditha est également largement couverte par la presse américaine. Après Abou Ghraib, la justice militaire américaine est à nouveau « passée au microscope d’une opinion publique de plus en plus sensible aux atrocités de guerre » juge le Christian Science Monitor. Selon les termes du Los Angeles Times, cette affaire relance le débat sur la « sagesse » d’une mission américaine en Iraq. Les accusations portées par le Sénateur John Murtha à l’encontre des Marines ont contribué à enflammer à nouveau le débat. Le Washington Times a ainsi violemment réagi en qualifiant l’attitude du Sénateur d’« irresponsable » et en ajoutant que les investigations n’ayant pas encore abouti, il devrait accorder « le bénéfice du doute » aux soldats américains. Le Washington Post, quant à lui, qualifie cet épisode d’« horrible » et de « honteux » et continue de s’indigner en expliquant qu’ « en dépit de l’abondance des preuves accusant les chefs militaires et les responsables civils, les mises en accusation et les jugements ont quasiment toujours été limités aux seuls soldats ». Pour le Wall Street Journal, la volonté du Président Bush de rétablir des « valeurs centrales » arrive à un moment où les Américains ont « perdu confiance en l’efficacité de [leur] engagement » : Haditha serait à l’Iraq ce que My Lai fût au Vietnam, c’est-à-dire le signe de « l’érosion du soutien pour la guerre ».

II. Nomination d’Henry Paulson au poste de Secrétaire au Trésor américain

La nomination de l’ancien responsable de Goldman Sachs à la tête de la Trésorie américaine a été accueillie avec enthousiasme par la presse américaine. Henry Paulson, que le Washington Post décrit comme un « ardent conservateur », un « environnementaliste convaincu » et un « candidat crédible », allie une notoriété indiscutée à un niveau de compétence dont l’Administration Bush « semblerait avoir besoin ». Pour le Wall Street Journal, le Président Bush « aura besoin d’un Trésorier solide pour mener un secteur financier qui a le vent en poupe ». L’article intitulé « Paulsonomics » insiste sur la figure symbolique de l’ancienne personnalité de Wall Street qui, selon le quotidien, aurait été choisie pour le « crédit » de ses anciennes attributions. Sa bonne connaissance du marché chinois aurait, selon le New York Times, également pesé dans la balance. Le quotidien précise, par ailleurs, que la nomination d’Henry Paulson fait partie du remaniement initié par Josh Bolten et David Ignatius ironise dans le Washington Post sur la « Boltenisation de la Maison Blanche ». Dans un article paru sous forme épistolaire, Paul Krugman (New York Times) égratigne la Maison Blanche : il s’adresse en effet au nouveau Secrétaire au Trésor pour lui adresser une mise en garde sur les dangers de sa future fonction. Dans une critique évidente du gouvernement et de ses pratiques, il le met en garde contre « une pression afin qu’il mente » qui s’exercera sur lui de la part de l’Administration, notamment pour qu’il « explique aux actifs américains que les difficultés qu’ils rencontrent pour payer leurs factures ne sont qu’un mauvais tour de leur imagination », avant de conclure que le gouvernement « n’aura de considération pour Paulson que tant que sa crédibilité constituera une plus value, pas plus ». /.


(N° 400/06/AT/AVM)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 2 juin 2006