Ambassade de France aux Etats-Unis
Publications La France de A à Z Relations franco-américaines La France aux EU Actualités Aller aux Etats-Unis Espace Jeunesse Contactez-Nous A propos  
Embassy of France in the United States
ACTUALITÉS
A la Une Point de presse du jour Relations France-U.S. Dossiers thématiques La Presse Américaine La Presse Française Médias français en ligne
Actualité en Images

Date d'Aujourd'hui:   print this page email this page

SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 6 au 12 mai 2006

I. Iran

La question iranienne, notamment la lettre du Président iranien au Président Bush et l’opportunité ou non d’engager un dialogue direct entre Washington et Téhéran, continue de faire l’objet de nombreux articles et éditoriaux.

« Mahmoud le fou » titre le Wall Street Journal qui revient sur la lettre du président iranien « dénuée de toute indication montrant qu’il est prêt à modérer ses positions ». « Dans d’autres mains cela aurait pu être un coup de maître diplomatique » juge l’éditorial mais en réalité, cela ne fait que révéler ce que serait le « partenaire » de discussion des Etats-Unis, en cas de dialogue direct. « Cette tentative évidente destinée à accroître les divisions entre les principales puissances » doit être ignorée selon le Christian Science Monitor qui relève la « défiance continue de l’Iran vis-à-vis du Conseil de Sécurité » et les difficultés rencontrées à ce niveau pour « s’accorder sur la marche à suivre ». La lettre envoyée au Président Bush s’inscrit ainsi dans « la longue lignée des tentatives de diversion et des écrans de fumée destinés à ralentir l’action des Nations Unies pendant que les scientifiques iraniens développent l’arme nucléaire » selon le Chicago Tribune qui ne voit pas d’autre solution qu’une « réponse ferme de la part du Conseil de Sécurité ».

Le Washington Post s’interroge : « Téhéran suggère à l’Occident de renoncer à la démocratie. L’Occident propose de discuter. Est-ce la meilleure façon de résoudre de stopper la menace nucléaire ? ». Glenn Kessler, dans le même quotidien, note « la pression croissante à laquelle les Etats-Unis sont soumis pour parler avec l’Iran ». Sandy Berger, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Clinton, s’est notamment exprimé en faveur d’un dialogue direct dans une tribune intitulée « Parler à l’Iran » publiée dans le Wall Street Journal. Cette « pression croissante » est critiquée, dans le même journal, par Amir Taheri qui regrette que le « débat tende à s’attarder davantage sur l’hypothétique question d’une intervention militaire américaine plutôt que sur les méfaits de la République Islamique ». De même, le Washington Times rejette les « offensives de paix » iraniennes, réminiscences de la guerre froide, destinées à « gagner des concessions de la part de l’Occident », « sans pour autant changer d’attitude ». Les menace répétées proférées à l’encontre d’Israël constituent un véritable « casus belli » renchérit Arnaud de Borchgrave dans le quotidien conservateur qui évalue à son tour les termes d’une éventuelle intervention militaire. Le Washington Times a ainsi plus que jamais des mots très durs contre l’Iran et ses dirigeants : « le régime des « Mollahs génocidaires est une « kleptocratie », un désert culturel et un bug économique ».

II. Nouvelle nomination à la tête de la C.I.A. et écoutes téléphoniques de la NSA

Pour l’ensemble de la presse américaine, les réactions de scepticisme ayant suivi la nomination du général Hayden à la tête de la CIA viennent « illustrer le désordre qui affecte l’agence » depuis plusieurs années. Les quotidiens libéraux se font l’écho des interrogations de certains ténors, y compris républicains, voyant d’un mauvais œil un militaire à la tête d’une agence civile tandis que le Washington Times récuse ces craintes en précisant que « ce n’est pas la première fois qu’un ancien militaire est placé à la tête de la CIA ».

Le Washington Post et le New York Times détaillent les dysfonctionnements de la CIA. David Ignatius (Washington Post) estime que « l’heure est peut-être venue de dire au revoir au trois initiales et à l’agence fossilisée qu’elles représentent ». Pour le Washington Post et le Wall Street Journal, il faudrait s’attacher à réformer l’agence en s’inspirant du modèle des services secrets britanniques, le Mi6, plutôt que de perdre du temps à essayer de résoudre des « guerres de territoire bureaucratiques ». Selon USA Today et le Baltimore Sun, cette « turf war » entre le Pentagone et la CIA ne fait que confirmer des tensions administratives anciennes. Pourtant, selon le New York Times, cette nomination cacherait des enjeux politiques bien plus importants car « si la CIA était amenée à se rapprocher de l’orbite du Pentagone, ses chances de servir en tant qu’organe indépendant et détaché de l’influence des décideurs politiques seraient réduites ». A l’inverse, le Christian Science Monitor souligne les qualités d’expertise du général Hayden qu’il juge bien plus indispensables à la CIA dans le contexte actuel que la « veine politique » de son prédécesseur. Enfin, selon le Baltimore Sun, la nomination de Stephen R. Kappes pour seconder le général Hayden serait une façon pour le gouvernement de « rétablir l’équilibre ». Cependant, le problème reste entier pour le quotidien car des doutes subsisteraient sur l’indépendance du général par rapport à l’Administration.

Les révélations parues dans USA Today le 11 mai sur la transmission de listings d’appels téléphoniques aux Etats-Unis par trois compagnies de téléphone à la NSA, dont le général Hayden serait, selon les termes du Washington Post, l’« architecte et le défenseur », provoquent des remous. Dans son éditorial du 12 mai, le Los Angeles Times affirme que cette révélation « remet en cause la crédibilité du gouvernement » et Eugene Robinson (Washington Post) souligne qu’elle « pourrait constituer un obstacle encore plus grand à une confirmation que l’on souhaitait la plus rapide possible». Le Washington Post s’insurge contre cette « intrusion massive dans la vie privée » des Américains tout comme le New York Times. Le journal conservateur Washington Times est d’un tout autre avis et critique ce qu’il juge être de la « propagande », accusant les opposants d’avoir « honteusement dressé le portrait d’une Administration désireuse de fouler au pied les libertés civiles ».

III. Relations russo-américaines

Le discours du vice-président en Lituanie critiquant la « politique de restriction des libertés civiles » menée par Vladimir Poutine en Russie a été largement commentée par la presse américaine qui marque son accord sur le fond mais s’interroge sur le moment et la manière de délivrer le message. La presse rapporte également, à l’instar du Washington Times les réactions de la presse russe pour qui ces critiques sont « le signe du début d’une nouvelle guerre froide ». Cette « nouvelle ligne politique » est le « résultat de longues concertations entre les agences de l’Administration sur la politique de la Russie alors que le Président Bush se prépare à assister à la réunion du G8 » à Saint Petersbourg en juillet prochain explique Howard LaFranchi, du Christian Science Monitor. Selon le journaliste, les atteintes aux droits de l’homme ne sont pas l’unique objet des critiques de l’Administration qui s’inquiète également de la volonté de « Vladimir Poutine […] d’utiliser la « petropolitique » pour s’imposer sur la scène régionale ».

La réaction de Moscou ne s’est pas faite attendre, jugent conjointement le Wall Street Journal et le Washington Times qui interprètent le discours du Président Poutine comme un rejet des accusations américaines. Nombre des remarques s’adressaient directement à Washington, estime Michael Mainville du Washington Times, notamment celles concernant « la nécessité de renforcer les capacités militaires russes nucléaires et conventionnelles ». Poutine a également « enfoncé un clou implicite sur ce que le Kremlin pense de la politique unilatérale américaine » en évoquant « le loup à Washington ». Le New York Times partage cette lecture, relevant que le Président russe a exprimé un « niet sans détour sur la question iranienne, aussi bien sur la prolifération nucléaire que sur l’usage de la force pour l’éviter »./.


(N° 397/06/AT/AV)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 12 mai 2006