Ambassade de France aux Etats-Unis
Publications La France de A à Z Relations franco-américaines La France aux EU Actualités Aller aux Etats-Unis Espace Jeunesse Contactez-Nous A propos  
Embassy of France in the United States
ACTUALITÉS
A la Une Point de presse du jour Relations France-U.S. Dossiers thématiques La Presse Américaine La Presse Française Médias français en ligne
Actualité en Images

Date d'Aujourd'hui:   print this page email this page

SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 6 au 13 janvier 2006

I. Iran

Dès l’annonce par l’Iran de la reprise de ses recherches nucléaires, les média ont rapporté les réactions de la communauté internationale, et principalement des Etats-Unis et d’Europe dont ils relèvent la communauté de vues. Pour le chroniqueur du Washington Times Tony Blankley, les réactions des diplomates européens, habituellement « prudents » et « circonspects », seraient la preuve incontestable qu’« une crise internationale de premier ordre se prépare ». Le Wall Street Journal, citant le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel ainsi que Javier Solana, regrette tout de même que les Etats européens ne prennent pas pleinement la mesure des dangers représentés par la reprise de la recherche nucléaire en Iran. « Nous assistons en fait à ce qui se produit quand les provocations de l’Iran sont traitées de façon à satisfaire une diplomatie européenne de « consensus » dénuée de résultats », estime le quotidien économique. Il prône ainsi la mise en place de « sanctions les plus fermes », afin qu’ « Israël n’ait pas à lui seul la charge de protéger la sécurité de l’Occident face à une menace commune ». En outre, pour le Christian Science Monitor, s’il est essentiel de faire reculer l’Iran sur cette question, c’est également pour éviter que les nations arabes ne caressent à leur tour l’idée de devenir des puissances nucléaires.

La dénonciation de l’Iran et de ses ambitions nucléaires est unanime. Le New York Times regrette que l’Iran ait tourné le dos à « des offres européennes et russes généreuses », qui auraient « aidé son économie, créé des emplois et réduit son isolement diplomatique », et dénonce un « pied de nez » aux gouvernements impliqués dans les négociations, « y compris les Etats-Unis, qui avaient travaillé avec patience et créativité afin de trouver un formule diplomatique satisfaisant les besoins de chacun sans alimenter le risque nucléaire ». Pour le Washington Times, il s’agit bel et bien s’une « violation » du Traité de Non-Prolifération Nucléaire, tandis que le Los Angeles Times, plus modéré, explique que « techniquement », ce même traité n’interdirait pas à l’Iran de mener des recherches dans le domaine nucléaire. Le quotidien californien n’en est toutefois pas moins inquiet, au regard de « la dissimulation d’activités nucléaires par le passé » et des « récentes diatribes antisémites » du président iranien, qu’il qualifie d’ « alarmantes ».

La difficulté est évidemment d’apporter une réponse adéquate à la crise iranienne. Considérant l’éventail des actions collectives possibles, Tony Blankley rappelle que « chaque action comporte ses risques et ses coûts » : ainsi, « une action militaire qui ne serait pas approuvée par les Nations Unies aurait des coûts très élevés en termes de diplomatie, de géopolitique, d’image à l’étranger et de divisions internes », écrit-il, avant d’ajouter néanmoins qu’une telle opération « garantirait un Iran non-nucléaire pendant des années ». Les quotidiens américains s’accordent toutefois à reconnaître qu’une solution militaire serait inopportune. Pour le New York Times, il n’y a « pas d’options militaires réalistes, en particulier pour Washington » ; en revanche « des propos sans équivoque et un front uni ne sont jamais de mauvaises idées », suggère t-il, « surtout quand une diplomatie plus conventionnelle a jusque-là échoué ». De même, outre les mesures possibles dans le cadre des Nations Unies, à travers la saisine du Conseil de Sécurité, le Washington Post propose que soient employées des « mesures complémentaires », notamment l’ « endiguement » (« containment ») : allié à des sanctions et à un effort concerté pour soutenir les opposants d’un « gouvernement religieux répressif », il pourrait être une « alternative crédible à l’action militaire », estime t-il.

II. Israël et Ariel Sharon

Comme d’autres commentateurs américains, Jim Hoagland s’interroge, dans le Washington Post, sur l’avenir du processus de paix. La reprise des violences dans les territoires palestiniens ajoutée à « l’incapacité soudaine de Sharon » inquiètent le commentateur qui considère ces deux données comme « des coups importants portés aux stratégies revendiquées par le Président Bush de transformer le Proche Orient en une zone de démocraties ».

Conscients de la fin politique de Sharon, la presse américaine s’intéresse plus particulièrement aux perspectives politiques et aux résultats des futures élections palestiniennes et israéliennes. Le Baltimore Sun se penche sur le successeur envisagé de Sharon, Ehud Olmert, en jugeant le parcours long et difficile qui lui reste à faire pour devenir un dirigeant respecté. De la même manière, David Ignatius (Washington Post) s’interroge sur « les capacités du ‘Prince’ (surnom de M. Olmert) à diriger Israël » : il semblerait qu’il soit à même de poursuivre la politique engagée par son prédécesseur, mais il doit encore prouver qu’il a les qualités nécessaires pour mener à bien sa politique. Max Boot considère, pour sa part, que le défi du futur leader israélien sera autant la question iranienne que la question palestinienne (Los Angeles Times).

III. Auditions du juge Samuel Alito pour la Cour Suprême

Les auditions de Samuel Alito par la Commission judiciaire du Sénat pour remplacer Sandra Day O’Connor comme juge à la Cour Suprême se sont achevées jeudi. Alors que les journaux jugent d’une manière générale les auditions peu intéressantes, le New York Times insiste sur la teneur de certains propos tenus par Alito qui « pourraient être de nature à troubler certains Républicains modérés, en particulier ceux favorables au droit à l’avortement et ceux préoccupés par d’éventuels abus de pouvoir présidentiel ». L’éditorial du quotidien new-yorkais détaille les points susceptibles « d’inquiéter le peuple américain » : les preuves de son extrémisme, son opposition implicite à la décision Roe c. Wade, son approbation d’une « présidence impériale » et son « manque de sensibilité face aux droits des citoyens américains ordinaires ».

Nombre d’éditoriaux préfèrent évoquer les difficultés perceptibles chez les Démocrates à ébranler le « nominé » : partisan du juge Alito, le Washington Times évoque les tentatives désespérées des sénateurs démocrates pour « couler cette nomination », à l’image du Sénateur Ted Kennedy « soufflant et haletant dans sa confrontation avec Alito ». Bob Novak dans le Washington Post poursuit en décrivant les « coups dans l’eau portés par les membres démocrates du comité », citant leur insistance à lier Alito à une association d’anciens élèves de Princeton aux positions discriminatoires, sans succès. Les Démocrates ont choisi de s’attaquer à la crédibilité du juge, rapporte le Wall Street Journal qui estime que leur « parti a ainsi perdu des points » au cours « des quatre jours de questions répétitives et incisives » selon l’Atlanta Journal Constitution.

A l’issue des trois jours d’auditions, il ne fait aucun doute pour la presse américaine que le juge Alito sera confirmé. Le Los Angeles Times estime qu’ « Alito semble se diriger vers une confirmation par le Sénat ». Le recours au « filibuster » qui consiste en un débat sans fin pour empêcher un vote, semble exclu de la part des Démocrates, selon Ronald Brownstein, bien que les groupes libéraux estiment qu’il y a davantage « d’éléments pour s’opposer à Alito qu’il y en avait pour John Roberts, le candidat précédent ». Le Washington Times clame sa satisfaction face à l’échec des Démocrates « qui n’ont pas réussi à ébranler le « nominé » qui « a su éviter les gaffes au grand désespoir des libéraux » (Washington Post).

Pourtant, USA Today souligne l’attitude plutôt réservée de Samuel Alito qui se contente de réponses évasives : « prudent, Alito suit le script de John Roberts dans sa quête pour une place à la Cour Suprême » (Christian Science Monitor). Toutefois, le quotidien juge que ce « silence ne fait que renforcer les doutes autour des positions d’Alito », bien que cette modération dans les réponses soit « courante pour ceux qui sont en quête d’une confirmation judiciaire depuis 1987 » (Baltimore Sun). Le juge a « salué le travail du juge O’Connor qui a toujours porté le vote décisif quand il s’est agi de défendre le droit à l’avortement » rappelle Scott Shepard, de l’Atlanta Journal Constitution. Adam Liptak, du Wall Street Journal, et Charles Lane, du Washington Post, décrivent les perspectives d’une Cour Suprême où siègera, selon toutes probabilités, Samuel Alito. Pour le commentateur du quotidien de la capitale fédérale, «les réponses prudentes du juge permettent de penser que la Cour pourrait s’infléchir à droite », et Alito pourrait alors « former un bloc conservateur solide avec les Juges John Roberts, Antonin Scalia et Clarence Thomas ». Charles Lane veut pourtant se rassurer en précisant qu’Alito « n’approuve pas les points de vue juridiques les plus controversés de Scalia et Thomas » et qu’il accorde une valeur certaine aux précédents de la Cour Suprême.


(N° 380/06/AT/EG)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 13 janvier 2006