La restauration de la rentabilité
Longtemps critiquées pour leur faible rentabilité, les banques françaises ont accompli des progrès spectaculaires au cours des récentes années. Passée la crise de la première moitié de la décennie quatre-vingt-dix et face à l’érosion durable de leur marge d’intermédiation, elles se sont engagées dans une stratégie axée sur trois objectifs :
accroître la part des commissions et des gains tirés des opérations de marché dans le produit net bancaire (PNB, voir ci-après) pour le rendre moins dépendant de la marge d’intérêt ;
maîtriser les charges d’exploitation courante et certains coûts de structure (liés à l’étendue du réseau ou à l’évolution des effectifs) pour améliorer leur coefficient net d’exploitation dont la diminution atteste d’une meilleure productivité ;
mettre en oeuvre une politique de gestion globale des risques pour satisfaire aux exigences accrues des normes prudentielles internationales et réduire l’impact de ces risques sur le résultat net.
La part des produits nets d’intérêt dans le PNB des grandes banques est aujourd’hui tombée à 45 % en moyenne, tandis que celle des commissions atteint parfois près de 45 %. Les pressions concurrentielles ont, en effet, réduit le rendement moyen des crédits et accru simultanément le coût moyen des ressources (du fait du fort recul de la part des dépôts à vue non rémunérés). La marge nette d’intérêt globale, s’est ainsi nettement contractée, surtout entre 1987 et 1993, et évolue désormais légèrement en deçà de 2 %.
Les banques ont réagi à cette tendance de fond en se redéployant vers des activités plus lucratives, notamment la gestion d’actifs, l’assurance (en particulier vie) et les activités pour compte propre sur instruments financiers (en particulier les dérivés).
Simultanément, le coefficient d’exploitation n’a cessé de s’améliorer pour s’établir maintenant autour de 65 % en moyenne, un niveau certes supérieur à celui des banques britanniques (55 %) mais bien moindre que celui des suisses ou des allemandes (75 %). Avec une amélioration constante depuis 1995 de la qualité des risques et de moindres provisions, les profits nets ont régulièrement progressé pour atteindre, en 2001, 15,4 milliards d’euros pour l’ensemble des banques. Cette progression reflète le meilleur équilibre aujourd’hui atteint par la plupart des banques dans la combinaison de leurs différentes activités qui leur permet de mieux amortir les chocs conjoncturels.
Surtout, le rendement net des fonds propres se hisse maintenant à un niveau tout à fait satisfaisant internationalement, proche de 18 % pour les cinq principaux groupes bancaires en 2000. Ces performances proches de celles de leurs concurrents anglo-saxons (autour de 20 %) sont tout à fait encourageantes alors que l’actionnariat des grands groupes bancaires mondiaux est de plus en plus dominé par des investisseurs institutionnels puissants.
Les perspectives
Le système bancaire s’est doté dès 1984 d’un cadre institutionnel entièrement rénové pour favoriser les innovations et la concurrence, tout en garantissant sa stabilité. Les années quatre-vingt-dix ont alors vu s’accomplir sa mutation. Aux inévitables difficultés de transition ont bientôt succédé la recherche de nouvelles sources de revenus, l’acquisition de réels savoir-faire dans les activités innovantes (marchés de capitaux et gestion des risques) et internationales, des efforts de productivité et de maîtrise des coûts couronnés de succès, un meilleur contrôle des risques et des restructurations en bonne voie.
Certains problèmes, toutefois, demeurent en suspens, comme la non rémunération des dépôts à vue, contrepartie de la gratuité des chèques (moyen de règlement favori du public français) ou la persistance de certaines distorsions de concurrence entre les banques AFB et les mutualistes et entre celles-ci et La Poste. Pourtant, le secteur bancaire français a su réaliser les adaptations propres à garantir sa compétitivité internationale et à lui permettre de jouer pleinement son rôle dans la poursuite du processus de consolidation de l’industrie des services financiers à l’échelle européenne et mondiale.
Pour en savoir plus :
Le site de la Fédération bancaire française :
www.fbf.fr
Le site de la Banque de France :
www.banque-France.fr
Ambassade de France aux Etats-Unis - Août 2002