L'évolution des relations entre l'Etat et collectivités
La logique aurait voulu que chaque collectivité (État, régions, départements, communes) finance ses compétences propres avec ses propres ressources, provenant de ses propres impôts.
Tel n’est pas le cas, car l’État, s’il ne finance pas ce qui n’est pas de sa compétence, demande en revanche aux collectivités locales de participer au financement de ses propres compétences, notamment dans le cadre des contrats de plan État-régions. Par exemple, les collectivités locales très soucieuses de développer leurs réseaux routiers ont pris en charge 50 % des dépenses concernant les routes nationales. Elles ont également contribué dans le cadre du plan Université 2000 et du plan U3M (Université du 3e millénaire) à la construction de locaux universitaires et de recherche, alors même que l’enseignement supérieur est de la seule compétence de l’État. Aussi bien pour les routes que pour les constructions universitaires, on assiste parfois à des surenchères des régions et des départements, ce qui a pour effet de favoriser les collectivités les plus riches.
Ce sont des contraintes financières qui ont conduit l’État à rechercher de plus en plus de compléments de financements pour réaliser ses propres actions. Mais cela a contribué à l’augmentation des impôts locaux et ces financements croisés sont une source de confusion des responsabilités. Aussi bien au niveau régional que départemental, la tâche du préfet, représentant de l’État, en est compliquée car il se trouve obligé de solliciter des financements pour des projets relevant des compétences de l’État. La limitation de ces financements croisés devrait être un élément important de la nécessaire réforme de l’État.
On peut se poser des questions sur les rapports entre un préfet, qui représente le gouvernement central, et des élus locaux, qui ne sont pas de la même tendance politique. Globalement cela n’empêche pas un travail en commun. Les élus locaux savent que le préfet représente un gouvernement choisi par le suffrage universel et, de même, le représentant de l’État a conscience que, même s’ils n’appartiennent pas à la même tendance politique que le gouvernement, les élus locaux sont, eux aussi, désignés par le suffrage universel et doivent être libres de leurs décisions dans le cadre des attributions qui leur sont confiées par la loi. C’est sur la base de cette reconnaissance réciproque que les réformes de 1982 concernant la décentralisation et la déconcentration sont rentrées dans les faits et fonctionnent d’une manière satisfaisante, malgré certaines difficultés de mise en oeuvre.
Bibliographie
Association du Corps Préfectoral,
Histoire du ministère de l’Intérieur de 1790 à nos jours,
Revue administrative - 1983
Albertini (J-B.),
La déconcentration,
Économica - 1997
Bernard (P.),
Le préfet de la République,
Économica - 1992
Gleizal (J-J.),
Le retour des Préfets,
Presses universitaires de Grenoble
(PUG) - 1995
1. Aujourd’hui 95 avec les départements d’outre-mer et la Corse.
2. Il existe 21 régions en France métropolitaine.
Ambassade de France aux Etats-Unis - juillet 2001