La création d’emplois
Les exemples emblématiques de création ex nihilo sont généralement assimilés à de pures créations d’emplois. Mais là encore, une analyse des interdépendances de marché montre qu’il n’en est rien : au niveau européen, un investissement supplémentaire dans l’automobile, industrie en surcapacité, ne devrait pas créer beaucoup d’emplois supplémentaires : la redistribution des parts de marché entre constructeurs qui sera consécutive à cette implantation fera diminuer l’activité dans d’autres unités de production, tandis que le choc d’offre positif fera légèrement augmenter la taille du marché automobile. Seul le pays d’accueil de cet investissement est susceptible d’en attendre des bénéfices substantiels en termes d’activité et d’emploi, au prix d’effets cumulatifs en termes de polarisation de l’activité au niveau régional. Ayant ces réserves méthodologiques à l’esprit, on peut essayer de chiffrer combien d’emplois sont "concernés" par l’investissement étranger en France. La Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR), qui parle à ce propos d’"emplois créés ou maintenus", avance les chiffres de 24 milliers d’emplois en 1997, 29 milliers en 1998, 31 milliers en 1999, 35 milliers en 2000. En regard des créations récentes d’emplois dans l’économie française, l’ordre de grandeur de l’effet supposé reste donc tout à fait limité. Le tiers des emplois concernés relèvent d’investissements américains, le reste provenant essentiellement d’investisseurs européens. Sur la base de ce critère, l’Allemagne est le deuxième investisseur derrière les États-Unis. Le Japon n’arrive qu’en sixième place, avec seulement 23 projets en 2000, contre 178 projets américains et 102 projets allemands. Les secteurs les plus concernés sont l’électronique et
l’informatique, les services et l’automobile. En 2000, la part des emplois concernés correspondant à des créations d’emplois dans de nouvelles filiales a fortement augmenté, passant de 33 % à 44 %. La part des extensions étant restée globalement inchangée, cela s’est traduit par une quasi-disparition des reprises d’entreprises existantes (2 % contre 20 % l’année précédente).En dehors de l’Île-de-France, les régions au coeur de l’Europe, c’est-à-dire celles proches de l’axe rhénan, sont les plus attractives : Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les régions périphériques ou enclavées attirent le moins d’activité étrangère : Limousin, Auvergne, Aquitaine. En 2000, les emplois concernés se sont élevés à 4 700 en Provence-Alpes- Côte d’Azur ; 4 100 en Lorraine ; 3 800 en Île-de-France ; 3 000 en Nord-Pas-de-Calais ; 2 900 en Rhône-Alpes et 2 300 en Alsace. À l’autre extrémité, l’Auvergne avec 70 emplois, la Basse-Normandie et l’Aquitaine avec 400 emplois sont restées à l’écart du phénomène.
Au total, plus de la moitié des projets se situent dans l’industrie, ce qui est un chiffre élevé compte tenu du poids des services dans l’économie française. Parmi les nombreux projets marquants de 2000, on retiendra le cas d’un groupe pharmaceutique américain, 10e groupe mondial du secteur, dont l’unité de production la plus importante se trouve localisée en Alsace et qui va y investir 120 millions d’euros sur 4 ans, en créant 500 emplois sur le site. Cette unité exporte 90 % de sa production. Les motivations de ce choix de localisation résument la question de l’attractivité : localisation au coeur du marché européen, qualité de la main-d’oeuvre, potentiel universitaire et scientifique à proximité.
Pour en savoir plus :
www.datar.gouv.fr/
www.investinfrance.org
Ambassade de France aux Etats-Unis - novembre 2001